Ma petite histoire (en phtotographie)...
Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été un gamin rêveur, bien trop rêveur même... 
Je me rappelle de mes interminables journées d'école où j'étais incapable de suivre ce qu'il se passait au tableau. Je me souviens que mes fournitures scolaires se transformaient sans arrêt en vaisseaux spatiaux et que des dragons étaient cachés dans les sous-sols de l'école. Je me remémore ces soirées où je revenais chez moi en me demandant ce qu'il avait bien pu se passer durant ces foutues journées. Je pourrais te conter tant d'anecdotes sur mon enfance et cette imagination envahissante, mais je préfère rester sobre et ne pas trop t'en dire, vu que tu me prends déjà pour un mec barré... oui je te vois derrière ton écran... 
Aujourd'hui je sais que j'avais construit ce royaume imaginaire, dans lequel il était trop difficile de ne pas sombrer, pour me protéger du monde extérieur, de mes devoirs, du regard de mes camarades, des épreuves et injustices de la vie...
En grandissant j'ai peu à peu appris à canaliser cette imagination et à la poser sur le papier sous forme d'écrits. 
En devenant adulte mon royaume imaginaire est peu à peu tombé en ruine, j'ai oublié bon nombre des personnages qui m'avaient accompagnés, des refuges qui m'avaient habrités et des aventures qui m'avaient forgées. Mais je n'ai jamais perdu mon âme d'enfant...
La photographie s'est imposée à moi du jour au lendemain en comprenant que les plus belles histoires pouvaient aussi s'écrire au travers de l'image.
Sache que : quand tu aperçois une forêt, je vois un rassemblement de vieux sages ; quand tu crois voir un cumulonimbus, je vois une forteresse passer dans le ciel ; quand tu penses voir un chaos de roches, je vois l'oeuvre de la colère du géant Gargantua.
Aujourd'hui je n'ai pas honte de dire que je suis en périple, en quête, à la recherche de ce royaume d'enfance dissimulé autour de moi, à la poursuite de moi-même... (Me prend pas pour l'Inspecteur non plus... ah oui tu vas t'en souvenir de mon nom désormais !)
Maintenant parlons plus photographie...
Mes photographies prennent leur source auprès de différentes expériences de pensées et auteurs :
- La plupart des gens n'aiment pas la solitude. Surement parce que la solitude nous ramène à nos pensées les plus profondes, à notre condition de mortel et qu'être seul rime avec la mort.  Je pense que le besoin incessant de se sentir entouré est une addiction, au même titre que la drogue. C'est certainement la plus grande addiction de notre ère. Néanmoins, il est aussi possible de dompter cette solitude et de supporter sa propre présence, sa propre condition. De mon côté, j'ai toujours aimé le contact humain, mais j'essaye également de cultiver cet art de la solitude : aller vers les gens par envie et non par nécessité.
- Dans ma jeunesse, j'ai également été inspiré par des oeuvres comme celles de Lewis Carroll, Gustave Doré, Joe Hisaishi, Hayao Miyazaki, Hans Zimmer, Yohan Terraza, Alexandre Deschaumes, pour n'en citer que quelques-uns... J'aime les oeuvres parsemées de clair obscur, aux noirs profonds et contrastes marqués.
- Ainsi, le noir m'a toujours fasciné, tu en verras toujours dans mon travail.  C'est pour moi le refuge de l'imagination, des rêves et des chimères. Parfois, j'aime me surprendre à imaginer ce qui pourrait se cacher derrière un rocher ou une grosse racine, je prends plaisir à faire sursauter mon coeur en imaginant une présence tapie à l'orée de la forêt... 
A ce sujet, la photographie nocturne fut une expérience à part entière pour moi. De nombreuses fois, pour composer avec le ciel nocturne, il m'est arrivé de me retrouver dans des situations bien singulières. Je te laisse alors imaginer une nuit d'hiver, sans lune, en pleine montagne : après deux heures de marche, les pieds gelés, j'arrivais enfin à bonne destination. Ce soir-là, et comme tant d'autres, je me retrouvais plongé dans le noir, rongé par la morsure du vent, dans un désert aussi hostile qu'immaculé. Ces situations sont enrichissantes, dans le sens où on se retrouve avec son soi profond et qu'on ne peut que faire preuve d'humilité face aux éléments qui nous entourent.
- Dans mon apprentissage de la photographie, la technique m'a toujours passionnée. Ayant eu comme premier objectif de faire de la photographie nocturne, une discipline qui peut s'avérer très difficile, j'ai dû acquérir un maximum de connaissances théoriques pour m'y préparer. Aujourd'hui encore je garde cette habitude et cette curiosité pour l'apprentissage, qui me permet de m'adapter rapidement à toutes sortes d'objectifs et situations.
Voilà, je crois que tu connais désormais le plus important me concernant ;)
"Mais qui peut affirmer où commence le rêve et où s'arrête la réalité" - Le Chapelier Fou
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