Que la brume jaillisse de ces eaux. Que la noirceur embrasse ce monde.
Je n'aspire à rien d'autre que de m'y perdre pour sentir qu'elle m'a toujours animée...
NOIRCEUR
LE GRAND DEHORS II
Ecrins, 2019
Attendant les heures les plus sombres, il ne me restait plus qu'à contempler les étoiles à mesure qu'elles m'apparaissaient. Quelques heures après, cette nuit sans lune n'appartenait plus qu'à la profondeur abyssale du gigantisme. Et j'étais là, angoissé par le grondement des glaciers et ce vide à l'odeur de roche humide.
Aussi loin que mon esprit me le permettait, j'entamais un voyage dans l'infiniment grand. Je me demandais alors quelle était ma place dans tout ce gigantisme que je contemplais : Ridicule oui… insignifiante oui… mais à quel point ?
Par ces pensées, je faisais le plein d'émotions paradoxales, avec un frisson éprouvé pour tout ce qui me dépassait. L'espace portait décidément bien son nom, et ce noir d'encre était là pour me rappeler à quel point l'univers était vaste et vide et moi d'une taille insignifiante.
Face à moi, une galaxie dont je n'en voyais que la tranche, un monstre de cent mille années-lumière de large, au nombre d'étoiles incommensurable. "si on réduisait notre soleil à la taille d'un globule blanc, la voie lactée serait aussi grande que l'Europe tout entière". Cette galaxie elle-même entourée d'un vide sidéral toujours plus sidérant où l'immensité avait plus que le droit d'exister. À mesure que mon voyage se poursuivait, je comprenais que la géographie assourdissante de l'univers n'avait pas de limite, elle continuait bien au-delà de tout ce que l'esprit humain pouvait concevoir, des milliards et des milliards d'amas d'étoiles et du vide, toujours plus de vide…
Tout cela ravivait les peurs de l'enfant profond qui sommeillait en moi, et puis me vint à l'esprit une phrase entendue au travers d'une conversation : "beaucoup trop petit n'est pas un nombre ; et tout ce qui ne se compte pas, est ce qui se compte le plus, tracassons-nous pour l'essentiel"
Prêter allégeance à ces traces d'enfances
Aux premières aurores de mes sentiments.
Le temps n'a pas la saveur de notre présent
C'est ce que promettent ces ombres de défiance

Car de ce funèbre paradis d'inconscience
Je dois t'avouer que c'est un enfer incessant
Mon âme étouffée par ces rêves ceignant
Mon cœur face à ce gouffre d'incandescence

Croit bien que si tu manquais à la création
J'aurai ruiné l'espoir de mon être profond
Et le ciel perdrait la fortune de tes yeux

Pour traces d'existence, ces regards indiscrets
ces chansons, rires d'enfants et mon cœur distrait
Que tout cela ne demeure pas nébuleux
JE NE SUIS QU'UN SOUVENIR
Vercors, 2019
LUMIERE DE L'HUMANITE
Beaujolais, 2019
J'étais parti pour échapper aux traces de l'humanité, mais sa lueur ne m'a jamais abandonné. Alors à quoi bon vouloir s'en détacher… Et ce feu du ciel était comme celui du Soleil aux heures crépusculaires du destin, il éclairait par tant bien que mal l'histoire de l'humanité. À la seule différence avec son homologue, que celui-ci n'avait pas sa place dans l'élégance du ciel...
LA FORCE ABSOLUE
Mont Blanc, 2019
J'avais froid, mais j'étais heureux.
J'avais peur, mais attiré par une trop grande curiosité.
J'étais épuisé, mais animé par l'espoir de lui rendre hommage.
Ma détermination n'était qu'une folie de plus qui ornait mon corps d'inconscient...
Et il était là, omnipotent par cette nuit sans lune.
Et il était là, imposant le respect par la force la plus absolue.
Mais je ne voyais qu'une infime lueur sur le corps de ce géant au nom épris de fierté…
Alors que l'accord entre astres, roches et nuages était aussi pur que magistral, j'étais là, réalisant que je souriais en pensant à toi, et j'aime ça, car je vais toujours bien en pensant à toi. En fin de compte, ce vaste silence était l'ombre des mots inépuisables que j'avais pour toi.
OMBRE DE MES MOTS
Vercors, 2019
A  GAME OF LIGHTS...

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